Local Stakeholder Meeting : Une approche régionale transversale au service du bien vieillir

Le dernier Local Stakeholder Meeting organisé dans le cadre du projet Interreg NOTRE a réuni un parterre de partenaires et acteurs régionaux engagés dans l’accompagnement du vieillissement. Cette rencontre a permis de croiser les expertises, d’identifier des points de vigilance et de consolider une vision commune autour d’une approche globale du bien vieillir.

Les échanges ont confirmé la nécessité d’articuler inclusion numérique, diversification des formes d’habitat, complémentarité des services d’aide à domicile, prévention, renforcement du lien social et ingénierie financière adaptée.

 

Inclusion numérique et lutte contre l’âgisme :
vers les « grands-parents 2.0 »

Les discussions ont mis en lumière l’importance croissante de l’inclusion numérique, notamment à travers la réflexion portée par l’entreprise NEWCARD, autour de l’avènement de la génération des « grands-parents 2.0 ».

Ces discussions ont menées à plusieurs constats, tels que l’importance de l’accès aux outils numériques quant à l’autonomie et d’accès aux droits, la difficulté de l’illectronisme, qui concerne à la fois les personnes âgées et certains professionnels de santé qui peuvent parfois projeter leur propre illectronisme sur leurs patients et les stéréotypes liés à l’âge, qui constituent un frein important à l’innovation et à l’adaptation des services.

Sur ce sujet, les travaux du Gérontopôle, acteur régional avec qui nous avons co-organisé l’événement, constituent un éclairage précieux.

 

Habitat et maintien à domicile : dépasser les oppositions

Les interventions de l’entreprise Béguinage et Compagnie ont illustré les dynamiques actuelles autour des projets d’habitats senior et les nouvelles formes de logements intermédiaire. Néanmoins, plusieurs points de vigilance ont été soulevés. Tout d’abord le risque de promouvoir le maintien à domicile sans prendre suffisamment en compte l’isolement ou les difficultés d’accompagnement. Mais aussi la nécessité de dépasser l’opposition binaire entre le domicile et la résidence, pour développer des solutions hybrides et graduées.

L’exemple de l’entreprise PRUDENS, combinant services, téléconciergerie et résidences accessibles aux personnes âgées aux revenus modestes, illustre cette évolution vers des modèles plus flexibles et adaptés à la diversité des profils.

 

Aide à domicile : équité sociale et liberté de choix

Les échanges, notamment avec UNAIDE, ont permis de comparer les différents modes d’intervention.

Premièrement, le mode prestataire, qui reste à charge réduit, mais possède des délais importants en raison du manque de personnel. Deuxièmement le mode mandataire, qui possède forte disparité territoriale, mais reste à charge plus élevé, et responsabilité employeur reposant sur la personne âgée. Et enfin le CESU : dont le niveau de prise en charge est limité.

De ce fait, un enjeu transversal a émergé : garantir à la fois l’équité sociale et la liberté de choix des usagers. Plutôt que d’opposer les dispositifs, il s’agit de les penser comme complémentaires, afin de répondre au mieux à la diversité des situations.

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Santé, prévention et lien social : identifier pour agir

Les politiques de prévention ne peuvent être efficaces que si les personnes âgées sont préalablement repérées et accompagnées.

De ce fait, plusieurs leviers ont été évoqués. Tout d’abord les programmes financés via l’Agence Régionale de Santé (ARS), notamment à travers des appels à projets (ateliers numériques, prévention des chutes, mémoire, etc.). Ensuite les initiatives portées par la Mutualité Sociale Agricole pour rompre l’isolement. Et enfin le modèle des MARPA, qui proposent une solution adaptée aux personnes âgées autonomes en milieu rural.

Un point central a émergé : au-delà des activités physiques ou culturelles proposées, le lien social constitue un besoin fondamental exprimé par les usagers.

 

Financements et innovation : concilier cadre public et initiatives privées

Un exemple régional a illustré les défis liés au financement de l’innovation : un investissement initial conséquent (20 000 € pour un dispositif sans maintenance), a fait face à des contraintes importantes quant à l’utilisation des fonds publics, notamment l’impossibilité pour un département de soutenir directement une entreprise privée.

Des opportunités de cofinancement ont, par ailleurs, été identifiées, en particulier pour les EHPAD, via des dispositifs régionaux et des appels à projets dédiés

 

La nécessaire consolidation d’une dynamique collective

 

Ce sixième Local Stakeholder Meeting a confirmé la pertinence d’une approche globale et coordonnée.

Le vieillissement ne peut être abordé de manière sectorielle : il nécessite une articulation fine entre politiques sociales, innovation technologique, aménagement de l’habitat, ingénierie financière et animation territoriale.

Le projet NOTRE poursuit ainsi son ambition : fédérer les acteurs locaux autour d’une vision partagée du bien vieillir, en plaçant l’autonomie, la dignité et le lien social au cœur des actions menées. Nous utiliserons les enseignements appris dans le but d’améliorer les instruments politiques de la région.